High Risk (Wong Jing, HK, 1995)

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… aka Meltdown, aka Terreur à Hong-Kong etc.

Frankie est une superstar des films d’action, qui est réputé pour ses cascades. En fait, c’est son garde du corps Kit Li qui les effectue à sa place. Lorsqu’un building est pris en otage par un groupe de terroristes déjà responsables de la mort de la femme et de la fille de Kit, les deux hommes vont devoir utiliser leurs talents respectifs pour sauver les otages.

0.99€ à Noz. J’ai rechuté, Docteur. On a droit à la VF, à la version anglaise, à l’espagnole et, je crois, à l’italienne, mais pas de v.o : formidable ! Peu importe, en mode bon public et en bossant sur d’autres trucs en même temps, ça passe. Ca passe même très bien : sens du rythme, du spalstick – Wong Jing avait tout compris à l’adaptation de la déconne manga en live -, avec des ruptures de ton qui restent toujours aussi consternante (on enchaîne un massacre de gamins dans un bus avec une blague potache sans honte) etc. Jacky Cheung commence en sidekick de service pour finalement se réserver le gros fight de fin, piquant ainsi la vedette à Jet Li qui tient peut-être là son meilleur film pré-Expendables 2. A savoir que c’est généreux et fun, tout le contraire des chinoiseries actuelles engoncées dans un drapeau amidonné. Je me suis marré à plusieurs reprises, ça défouraille bien, en accéléré et en envoyant des mannequins valdinguer dans le décor, certes, mais peu importe : ça passe. Et ça pompe et parodie même à ce point Die Hard qu’il serait conseillé de le glisser dans une soirée marathon consacrée à la saga de John McClane. En l’ajoutant aux 5 qui existent, il figurerait qualitativement dans le top 3, sans déc’ ^^ Bref: Vivement la restauration 4K.

The Assassin (Hou Hsiao-Hsien, Taïwan, 2015)

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Chine, IX siècle. Nie Yinniang revient dans sa famille après de longues années d’exil. Son éducation a été confiée à une nonne qui l’a initiée dans le plus grand secret aux arts martiaux. Véritable justicière, sa mission est d’éliminer les tyrans. A son retour, sa mère lui remet un morceau de jade, symbole du maintien de la paix entre la cour impériale et la province de Weibo, mais aussi de son mariage avorté avec son cousin Tian Ji’an. Fragilisé par les rebellions, l’Empereur a tenté de reprendre le contrôle en s’organisant en régions militaires, mais les gouverneurs essayent désormais de les soustraire à son autorité. Devenu gouverneur de la province de Weibo, Tian Ji’an décide de le défier ouvertement. Alors que Nie Yinniang a pour mission de tuer son cousin, elle lui révèle son identité en lui abandonnant le morceau jade. Elle va devoir choisir : sacrifier l’homme qu’elle aime ou rompre pour toujours avec « l’ordre des Assassins ».

Le Wu Xia, filtre communicatif

HHH ne l’a pas volé, son prix de la mise en scène à Cannes ! C’est somptueux… Moi aussi, j’veux faire une rando aux Monts Wudang.

Le réalisateur Taïwanais nous présente une histoire paisible dominée par une tueuse beaucoup plus peace & love que tout ceux et celles qu’elle croise. La violence, elle n’en est pas la source – elle ne fait qu’obéir – elle la désamorce continuellement. Sur le canevas usuel d’une mission crève-coeur pour un tueur pro (tuer un bébé, une femme, ici un cousin apprécié) HHH fuit tout pathos, décrit les faits – observe les faits – sans chercher l’immersion ni même l’empathie. C’est du vrai ciné de vieux qui s’assume. Ses détracteurs diront qu’il l’était déjà avant, certes ^^
Il observe de loin. Sur IMDb je lis qu’il voulait faire un film en costume une fois suffisamment âgé. Dont acte.

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En terminant son film par un chouette bagad breton auquel a participé un percutionniste sénégalais (!), HHH affiche l’universalité de son propos. Il ne souhaite pas, comme un Zhang Yimou, exporter la Chine comme on vanterait un parfum. Fut-il un port célèbre. Il prend son temps, s’attarde sur la superbe nature, s’autorise quelques rares gros plans sur un visage, celui de sa muse Shu Qi, et tâcle les flashbacks pénibles aperçus ailleurs – Tigre & dragon 2 et Memories of the Sword, au hasard – en filmant un long plan moyen fixe lors duquel l’un des protagoniste parle de son enfance à une concubine. Pas de brusque voyage dans le temps cassant la narration, non, juste un type qui parle d’un vieux souvenir, voilà. Ca peut paraître chiant, ça ne l’est pas puisque cette lenteur, souhaitée, en devient surprenante, rafraîchissante. En ressort son besoin, à cet homme, de raconter ce souvenir, ce questionnement quant à la réception de son histoire par cette femme – elle s’en cogne ? n’est-ce qu’un monologue ?- mais nullement d’aparté. Ca coule tout seul, depuis le plan précédent jusqu’au suivant.

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La fin présente une belle option toute simple à laquelle les cinéphiles ne sont pas habitués, à savoir une sorte de happy end qui relèverait presque du twist dans le genre. L’on peut y voir un conseil avisé aux tueurs dans l’air du temps – les femmes de l’E.I -, jadis de gentilles demoiselles, polluées depuis par un donneur d’ordre malade à qui ses parents l’aurait confié un beau jour pour des raisons… économiques ? « Envoie-les tous bouler et taille ta route ! » dit Hou Hsiao-Hsien à chacun d’eux. « Et écoute du bagad breton, c’est trop cool ». Ce discours pacifiste fait écho, mine de rien, à celui du Mad Max Fury Road de Georges Miller. HHH approche les 70 ans.

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Memories of the Sword ( Park Heung-Sik, Corée du sud, 2016)

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Corée, époque médiévale. Une jeune fille cherche à venger la mort de sa mère, et pour cela il va lui falloir affronter le plus puissant des guerriers de la dynastie Goryeo…

Bribes de souvenirs d’une épée

On y croit au début, vraiment. L’essence du wu-xia est là, palpable, le budget suit le mouvement, ça bastonne, c’est beau et… et l’on se retrouve très vite emmêlés dans les travers usuel du blockbuster coréen. Pathos balourd, flashbacks inutiles – un flashback casse une narration, oh ! A user avec parcimonie ! Tout comme les apartés de ce type, tiens oui – personnages multiples et redondances finissent par percer le ballon d’espoir. Pourtant, ça et là surnagent de belles idées de mise en scène, des clins d’oeil évidents au ciné de Tsui Hark, des bastons pas mal du tout et un scénario formidable, tout de même, avec un twist qui vaut le détour. Le réalisateur vient du mélo, ça paye par endroits et son approche est la bonne. Mais la narration reste par trop chaotique, hâchée et tordue pour maintenir l’intérêt de l’adepte sur la longueur. Surtout, faire chialer le casting tout le temps ne fait pas forcément pleurer le chalant. Il faut qu’il rigole un peu avant d’être désarçonné, puis de craquer, le chat lent (miaouuuu ?).
— Ah ! C’est rageant ! dit le vieux tigre. On en était pas loin !
Le jeune tigrou, lui par contre, trouvera cela émouvifiant au possible, certainement. A tel point qu’il y’avait certainement là matière à capitaliser sur le bidule pour booster de vieux Tsui Hark ou King Hu. C’est tout de même plus frais que le dernier WKW, donc à encourager vaillamment, dirent The Valiant Ones !

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Tigre et dragon 2 (Yuen Woo-ping, Chine, USA, 2016)

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Dans une Chine déchirée par des guerres désastreuses entre les différentes écoles d’arts martiaux, Hadès Dai, le seigneur de l’école du « Lotus de l’Ouest », poussé par les visions d’une sorcière, cherche à s’emparer de l’épée « Destinée » afin d’obtenir le pouvoir suprême. Le Seigneur Dai envoie alors le jeune Wei Fang à Pékin pour dérober l’épée dans le palais du Seigneur Tié qui vient de décéder.

Old Tiger meets Old Dragon

J’ai apprécié l’approche mercenaire, revenue de tout, de toute une équipe d’ancêtres qui, enfin, semblent s’assumer. Ainsi, la romance Yeoh / Yen apparait comme les retrouvailles d’anciens partenaires qui ont passé l’âge d’exprimer la passion de l’adolescence, qui affichent mieux une certaine complicité. C’est ce qui ressort très bien de ces personnages formant un couple des plus crédibles. Ils ont survécu parce qu’il ont su passer un cap. Lui l’aime par habitude, même si la vie l’a un peu usé – y compris le dédain de son aimée. Elle, elle en a aimé un autre, désormais décédé, mais de revoir cet ancien prétendant, toujours vivant, la touche à l’évidence. A tout un tas d’individus de se battre pour son épée, pour elle symbole d’un amour passé davantage qu’une relique bouddhiste ; et au personnage qu’incarne très bien Donnie, franchement émouvant, de s’en foutre, de ne se battre que pour elle, Michelle, sa belle, et de lui redonner son arme à la fin comme une fleur qu’il aurait cueillie devant la porte d’entrée. Juste avant de frapper. Qu’on se rassure, il cogne très bien avant ! – j’ai adoré la scène de l’affrontement sur la glace – simplement le Graal pour d’autres n’est pour lui que désuète pâquerette. Tout le reste n’est que billevesées, tournoiements ineptes et jeunesse vue de loin. L’amateur se retrouve en terrain connu, avec ce petit plus lié aux cendres du temps qui passe. Malgré quelques flashbacks pénibles, des lourdeurs maladroites et un enjeu premier délaissé, donc un brin dilué, j’ai vraiment apprécié cet autre film dans le film, ces anciens qui ont bien fait le job le temps du tournage d’une séquelle déjà égarée dans la nuit des temps. Et moi avec.

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Gojoe (Sogo Ishii, Japon, 2000)

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Japon, XIIe siècle. Après de sanglantes guerres civiles, la ville de Kyoto est sous contrôle du clan Heike. Pourtant, cette victoire reste inachevée car le pont de Gojoe aux abords de la ville est gardé par un monstre insaisissable qui trucide les soldats Heike par milliers. Un moine-guerrier muni d’une épée religieuse décide alors d’aller le défier.

Mystique bourrin

Le scénario ainsi que son traitement occultent complètement la dimension épique qu’aurait pu revêtir le film. Les deux boucheries de masse notables du film ont des enjeux identiques et la répétition des scènes nous laisse l’arrière goût étrange d’avoir assisté à une redondance inutile. Le plus frustrant reste que le personnage principal ne combat réellement qu’à la toute fin du film, les massacres précédents étant orchestrés par un démon antipathique contre une horde pour laquelle l’indifférence du spectateur prédomine. Dès lors le divertissement n’est pas primaire et le film s’engage sur la voix de l’expérimental – c’est le propos – ce qui est toujours plaisant mais moins facile d’accès que ne l’est le chambara classique. Pour mieux souligner le côté intemporel d’une histoire avant tout fantastique, la BO mélange des percussions de type The Blade à de la techno qui booste bien le trip avec des infra basses, des simulacres de percussions relayant intelligemment les classiques tambours. Bien vu, même si cela laisse de côté l’héroïsme de notre super-moine au profit d’une distanciation due à la magie et des enjeux dépassant le simple mortel. Dominent une ambiance réussie, la somptueuse scène d’affrontement magique dans la forêt, une approche stylistique en effet comparable à celle du chef d’oeuvre barbare de Tsui Hark, ainsi qu’un duel final particulièrement excitant. Sa conclusion prend corps dans le bref dernier plan du film, visuellement proche de celui de l’anime Akira et accompagné de quelques riffs de guitare semblables à ceux d’un des plus beau morceau des Doors. The End !

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The Strangers (Hong-jin Na, Corée du Sud, 2015)

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La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi , un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel.

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… en référence au morceau Killing an Arab des Cure, qui lui-même fut inspiré de L’étranger de Camus. Ca me semble coller à ce film tout autant chargé en sens. Malgré tout, le calibrage est décelable. A savoir que oui j’ai passé un très bon moment, que le réalisateur a su jouer avec mes attentes, que le ride fut plaisant et, somme toute, intelligent et même sacrément bien filmé. Sauf que si je souscris aux nombreuses qualités de l’œuvre, je ne peux que constater que jamais je n’ai eu vraiment peur, que l’ambiance n’est pas vraiment posée ni noire, et que mes attentes ci-dessus sont celles d’un cinéphile habitué à certains codes comportementaux, à des poncifs etc. Mon a priori moral, lui, ne fut pas vraiment impacté parce que je trouve ce film davantage roublard que vraiment philosophe, penseur. On nous montre des choses et pas d’autres, la narration est aussi (sciemment) confuse que soignée. On se fait secouer comme chez un Lars Von Trier, avec à la fois cette même complicité masochiste et cet arrière-goût de malhonnêteté intellectuelle sur la forme. C’est de plus un peu long, et j’ai cru repérer la même trame que celle de The Chaser, du début à la toute fin, aussi désespérée qu’identique. Le tout sur une première vision : l’œuvre en mérite, j’imagine, une seconde. Une autre de ses qualités : m’avoir donné envie de revoir le chouette Gojoe d’Ishii.

MAJ 28/08/16 : Ai vu plus tard l’excellent The Witch de Robert Eggers (2016) qui, étrangement et sans concertation possible raconte peu ou prou la même chose. Air du temps.

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Dernier train pour Busan (Sang-ho Yeon, Corée du Sud, 2016)

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Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

Busan, mais c’est bien sûr !

On tient là le grand retour du film de zomblards de gauche ! Ca commençait à manquer dans ce paysage un poil trop survivaliste. Du coup, je vois enfin là un successeur à Georges Romero. Merci, mec ! Avec en bonus un clin d’oeil au final de sa Nuit des MV aussi subtil qu’excellemment conclusif, je suis comblé. Sur la forme, on devient sévère je trouve, exigeants. C’est bien foutu, certes, mais avouons qu’après World War Z (un bon film catastrophe en director’s cut pour ma part) et même après l’exceptionnelle bataille avec les zombis dans la saison 5 de Game of Thrones – une série tv ! – on peine à savoir si l’on tient là un blockbuster ou une série B. La barre a récemment été placée très haut rayon CGI ; là, parfois, ça pique. Une horde de mecs déguisés en zomblards allongés sur un matelas à peine caché accroché à la queue d’un train avé des fausses jambes en mousse qui pendent derrière, ça se voit. Et ça reste coréen : l’usuel pathos lourdingue est pénible et freinera la revoyure. Cela étant, ces scories ne doivent pas gâcher la fête : le spectacle est très plaisant, futé, et la morale, superbe, sur l’individualisme, m’a paru finalement presque plus claire et pertinente que le discours écolo/lutte des classes du Transperceneige, impossible à passer sous rails. Si l’on rajoute le bateau de Sea Fog, notons que les coréens aiment les moyens de transport-métaphores en ce moment !

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Préférez-vous survivre en compagnie d’une bande de grosses buses ou mourir et rejoindre des gens sympas ? « People make the place », le réalisateur qui passe aux lives après plusieurs animes – on attend son Seoul Station également zombifié avec impatience ! – répond sans équivoque et s’en va rejoindre la horde des morts. Il semble nous dire qu’il faut pourrir afin que notre corps participe au développement durable, mourir pour que nos enfants respirent, aider son prochain en toute circonstance puisque, de toute façon, tout le monde va y passer. On reste dans l’air du temps, on continue de causer générations futures et sacrifice, comme dans Interstellar etc. Du ciné fun et intelligent pour un voyage aussi mouvementé que futé.

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Donnie dans l’espace

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D’aucuns voient un hoax dans la présence de Donnie Yen dans le trailer du prochain Star Wars : Rogue One, en cela qu’ils affirment que JAMAIS Dark Vador n’aurait pu décemment survivre à la célèbre force de frappe chinoise. L’argument se tient. Par delà cette évidence, on espère que, contrairement à l’indonésien Iko Uwais dans Le réveil de la farce, il ne fera pas que de la figuration et donnera un peu plus de trois coups de bâton au côté obscur.

Triple Tap (Derek Yee, HK, 2010)

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Un champion de tir se retrouve au cœur d’un braquage et décide d’intervenir pour sauver un policier. Il tue quatre braqueurs, laissant le dernier s’échapper. Une enquête est ouverte, et confiée à un flic ayant côtoyé ce champion lors d’une compétition de tir. La rivalité entre les deux tireurs va devenir explosive…

Clap your hands !

J’ai mis du temps à le voir pour plusieurs raisons. Une bande-annonce d’énième actioner, un Derek Yee qui m’avait désappointé après son remarquable Une nuit à Mongkok, et surtout ce titre, Triple Tap, qui faisait alors beaucoup trop écho à sa préquelle, le bon mais glauque Double Tap qui précéda un peu trop bien la mort dramatique de l’acteur Leslie Cheung.

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Reste que découvrir ce film après une série de déceptions – Double Lam de fond ! –  lui donne un sacré cachet. Un casting aux petits oignons, une bonne mise en scène pour la viande, quelques scènes d’action tendues pour épicer, dynamiser ; et un scénario en guise de sauce cimentant le tout – y’a un peu de Colombo, non ? – font de Trip Tap – oublions le catastrophique titre « Shooters » – un thriller franchement très recommandable, à peine tiré vers le bas par un flashback explicatif pénible sur un tronçon un peu longuet sur la fin. Comme cette phrase. In fine, la morale est bien vue, le duel final tout autant et Li Binging également.

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Detective Dee – Le mystère de la flamme fantôme (Tsui Hark, HK, 2010)

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Au temps de la dynastie Tang, une série de morts par combustion inquiète l’impératrice Wu, qui décide de faire appel à celui qu’elle emprisonna 8 ans auparavant, afin d’enquêter.

Come on, baby, relight my fire !

Rétrocession oblige, le sous-texte est là encore plus riche et précieux qu’auparavant. Au sein de ses divertissements, Tsui Hark a toujours glissé quelques réflexions, messages et philosophies. Qu’on se souvienne de Green Snake et de son pamphlet rageur contre l’endoctrinement religieux, de son Syndicat du crime 3 où l’uniforme y était montré comme ennemi premier de l’humain, ou encore de Swordsman 2, qu’il ne réalisa pas officiellement, et de sa folle déclaration d’amour, déjà, avant The Blade, au champs de l’emprise. Ou quand l’amour, justement, régit les hiérarchies, les décisions, les actes. Dans Dee – et Tsui Hark en est-il un, de dandy ? – il en raconte, des choses, et croyez-moi ça fait un bien fou après la vague de chinoiseries anti-fun qu’on nous balance en masse, un terme péjoratif que ce « chinoiseries », qui revient de mode, la très grande faute en revenant à la Chine elle-même. Je viens de voir Ip Man 2 et reste encore groggy par tant de bêtise. Les arts martiaux, ainsi que la Chine, n’en méritaient pas tant.

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Avec Detective Dee on ouvre la fenêtre comme on écoute le discours d’un politicien ou d’un penseur que l’on apprécie : la bouffé d’air frais requinque son homme. En prison, Dee est contraint de brûler des livres. Ce sont les maux de la Chine qui y sont décrits, détruits, et à cette dernière de ne conserver que les œuvres qui abondent dans son sens puisque, après tout, tout va bien. Comment ? Non ? Que l’on brûle celui qui ose affirmer le contraire ! Hop, ça, c’est fait, glissé dans le scénario. La Chine, d’ailleurs, parlons-en de cette femme puisqu’elle est définie comme telle. C’est LA Chine, China, aussi quoi de mieux qu’une femme pour l’incarner ? Quoi de mieux qu’une période pendant laquelle une femme gouverna pour mieux imager le propos ? Quand à la fin Dee se prosterne devant elle, il ne fait pas montre du jusqu’au-boutisme absurde du personnage de Jet Li dans le film de mouton – sheep’s movie ? cheap’s movie ? – Hero de Zhang Yimou. A cet instant, c’est Tsui Hark qui parle, tout comme d’ailleurs un Oliver Stone parlerait de l’Amérique ou un Mathieu Kassovitz de la France : il l’aime son pays, mais certainement pas aveuglément. Depuis sa pose pseudo soumise, le sage parle, prodigue un humble conseil, un modeste souhait. Il prône ainsi la communication. Les solutions ne se trouvent pas toutes dans le sang, dans la trahison. On peut gouverner et même conserver le pouvoir, parce que c’est de cela qu’il s’agit, par d’autres moyens.

Je finis sur un ton plus léger : de revoir ce même lien entre la reine et sa régente qui unissait déjà Asia l’invincible à sa maîtresse dans Swordsman 2 ajoute un certain piment à l’ensemble. Le champs de l’emprise domine toujours ! Ô joie que procure ce grand retour de Sifu !